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Historique

Catherine Croste

Je m’appelle Catherine Croste.

Je suis née le 28 août 1956 à Casablanca.

Je passais les vacances d’été chez mes grands-parents en France et les mûres et les framboises étaient mes fruits exotiques.

J’ai étudié la psychologie à Toulouse et 25 ans plus tard la criminologie à Montpellier.

Entre les deux j’ai appris la menuiserie à Paris.

Je me partageais entre le Maroc et la France, et vécus de toutes sortes de métiers.

Pendant quelques années j’ai exercé la menuiserie avec une prédilection pour les bibliothèques puis je me lançais dans la sculpture, en particulier  des calligraphies arabes.

Des accidents de santé me détournèrent ensuite des ces activités trop physiques.

Je m’essayai à l’écriture, produisis deux romans policiers et quelques contes pour enfants, mais je m’estimai meilleure lectrice qu’auteur et renonçai.

 

Je pus enfin reprendre mes outils et revins aussitôt au bois et à la sculpture de mots.

Au fil des années, mon mode de vie changea et après de multiples déménagements je trouvai mon port d’attache dans une vallée berbère au cœur du Grand Sud marocain.

 

J’y vis sereine et solitaire avec l’amitié de mes voisins. Grâce à internet et au satellite, je suis avec intérêt la marche du monde, aussi chaotique que la mienne et me sens désespérément optimiste.

Une fulgurance m’envahit en juillet 2008.

Sans doute par réaction contre le tintamarre médiatique qui montre de préférence le pire de l’humain et lui promet un avenir sombre voire apocalyptique.

Je décidai d’accomplir ma profession de foi en proclamant grâce à mes gouges les vertus de ce même humain que je constate universelles et plus vivantes que jamais.

J’allais sculpter dans le bois le nom des plus belles qualités de l’être humain, dans tous les alphabets contemporains possibles.

Commença alors une magnifique aventure qui dura trois ans.

 

Près de dix mois pour rassembler les mots, les transcriptions et les bois,  usiner, mesurer, débiter, photocopier, décalquer, copier et recopier. J’allais dans les universités et les instituts, de Paris à Agadir, sur internet, chez les marchands de bois, dans les ateliers et les coopératives. Par la force des choses, il me fallut sélectionner mots, bois et alphabets de manière parfois arbitraire. Tel universitaire négligea de répondre à ma demande, tel bois ne se vendait qu’au stère, tel mot était riche de sens mais sans musicalité, je préférai ainsi « clémence » à « magnanimité ».

Enfin les 273 pièces de bois furent prêtes pour qu’en émergent 21 mots dans 13 alphabets sur 13 essences.

 

Seule dans mon atelier face à ma vallée splendide il me fallut environ 5000 heures pour aller au bout de mon œuvre.

Ce fut autant de réflexion et de méditation. La vie continuait et la mienne connut quelques évènements bouleversants mais rien n’entama la paix et la joie que me procura ce travail.

A chaque mot terminé, j’étalais sur le sol une grande pièce de drap noir et y disposais mes treize pièces de bois. Leurs tailles, leurs teintes, me dictaient l’agencement final. J’avais toujours la sensation d’accomplir un acte sacré. Puis je prenais la mesure de l’espace ainsi délimité, faisais réaliser un panneau en métal, et y fixais mes bois cirés, prêts à paraître.

En juillet 2011 j’eus accompli ma tâche, tout photographié et mis à l’abri.

Quand je fus envahie par le besoin irrépressible de me lancer dans cette entreprise, je ne me suis posé aucune question quant à son avenir. Au fur et à mesure que je progressais, des voisins, des amis, des inconnus de passage dans ma vallée, érudits, artisans ou analphabètes  me demandèrent sa destination et je fus incapable de leur répondre. Il est bien évident que ces panneaux doivent être vus, rassemblés et exposés quelque part où ils prennent sens et vie. Reste à trouver ce lieu.

D’où ce site.

Mes photos ne sont pas de qualité parfaite mais je crois qu’elles donnent tout de même au visiteur  une idée assez juste du résultat concret. Je souhaite que grâce à ces images et ces textes ait lieu un jour la rencontre quelque part dans le monde entre mon travail et vous qui partagez ma foi en l’humain, en ses vertus, universelles et intemporelles qui nous permettront demain de vivre et d’avancer vers un mieux ami du bien.

J’attends, confiante.